22/04/2011

Au plaisir de se revoir

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Se revoir 15 jours seulement après une rencontre aussi intense que celle de Montjuïc, c'est bien ou pas bien ? A l'instar de leurs cousins du Barça, enfilant les rancards avec le Real, les Catalans de l'USAP croisent à nouveau le chemin des Toulonnais. Cette fois, ce sera à Mayol et pas à Montjuïc mais les uns et les autres ont largement eu le temps de faire connaîssance à Barcelone.

A qui profite ces retrouvailles ? Aux Toulonnais, forcément revanchards et qui n'auront pas beaucoup à se creuser la tête pour trouver des sources de motivation. Le désir de revanche permet souvent de spectaculaires renversement de situation. D'autant que le RCT n'était pas si loin du compte face à Perpignan.

Les coéquipiers de Perry Freshwater, de leur côté, surfent sur la vague. Après Toulon, ils se sont offert le Racing et, à l'image du plaquage de Hume sur Lovobalavu, ils disposent d'un réel avantage psychologique sur leurs adversaires. Et puis, l'envie peut également leur prendre de rendre aux Toulonnais la monnaie de leur pièce après la victoire de ces derneirs à Aimé-Giral. Faites vos jeux.

19/04/2011

Toulon-USAP, entre cousins


C'est le vieux débat, souvent très caricatural. D'un côté, il y aurait un Toulon millionnaire, gavé de stars et d'euros, foulant au pied ses "valeurs" et, de l'autre, une USAP vertueuse, cultivant le catalanisme et la formation des jeunes joueurs.

L'affaire Gavin Henson (en vidéo lors d'un show de téléréalité) ne fait, évidemment, qu'accentuer l'opposition. Le jeune playboy gallois, star de la téléréalité est aussi voyant en dehors du terrain que discret dans ses prestations. Il représente parfaitement l'excès dont ferait preuve le boulimique président Boudjellal.

Sauf que... Ce serait oublier un peu vite que l'USAP a connu elle-aussi, les effectifs cosmopolites et les renouvellement du plus du tiers de l'effectif à chaque saison. Que l'USAP a eu son compte de recrutement raté et de gros coups, plus ou moins réussis, de Dan Herbert à Dan Carter.

En fait, ce qui sépare les deux clubs, c'est un petit détail très important : la confiance. Les Catalans ont suffisamment confiance en eux pour lancer leurs espoirs dans le grand bain et cibler au plus près leur recrutement : les derniers exemples comme Coetzee ou Tchale-Watchou en sont l'illustation parfaite.

Toulon, lui, n'est de retour dans une élite que les Perpignanais n'ont jamais quitté que depuis trois ans. La confiance absolue aux "minots", par le passé, a pu coûté cher, notamment lors de la première montée.

Ceci dit, les Toulonnais sont peut-être arrivé précisément au moment où il faut chercher un peu moins de Henson et plus de minots.

09/04/2011

Merci Montjuïc

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Il y a eu de très beaux moments à Montjuïc. Pas toujours pendant le match, une bérézina technique en première mi-temps et un combat homérique en seconde, mais par la force de ce qui s'est passé dans ce vieux stade vénérable, plus proche du monument que de l'enceinte sportive et qui s'est soudain mis à revivre l'espace d'un après-midi brûlant.

L'avant match, avec l'Estaca et une hallucinante entrée des équipes sur le terrain, les spasmes du virage devant lequel l'USAP lançait ses "rush" en deuxième période et, pour finir, ce tour d'honneur que joueurs et public ne se résoudaient pas à terminer, furent ces instants intenses.

C'est que la joie était d'autant plus intense que les 32.000 supporters catalans ont marché pendant 80 minutes au bord du gouffre. Sur le fil du rasoir qui séparait le succès total de l'énorme déception qu'aurait provoquée une victoire de Toulon. Car l'événement a été une réussite totale. Au point de prendre de court Barcelone. Une organisation sous-dimensionnée au stade, la circulation de la ville bloquée par l'arrivée massive des supporters et des hôteliers et commerçants aux anges... Fascinée par la puissance de Barcelone, c'est l'USAP qui a impressionné par sa capacité de mobilisation.

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08/04/2011

Arlequin comme l'époque

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"Volem viure i trabajar -poc- al païs". Cette amusante potacherie était, dans les années 70, l'une des plaisanteries favorites du jeune Paul Goze. En compagnie de quelques complices frais émoulus du lycée Arago et de l'équipe première de l'USAP, il raillait les cheveux longs et la mode retour à la terre depuis l'observatoire privilégié de la terrasse du café de la Loge.

A cette époque, lorsque l'USAP jouait "au nord", les joueurs se motivaient en parlant catalan dès qu'ils passaient le château de Salses alors qu'ils s'étaient entraînés toute la semaine en parlant français entre eux. L'Espagne était une frontière presque lointaine, perdue dans l'obscurité franquiste, d'où émergeaient des bus entiers d'hommes, faisant la fortune des cinémas perpignanais pour admirer le "Emmanuelle".

Pas loin de quarante ans plus tard, Paul Goze est l'homme qui a emmené l'USAP à Barcelone pour une énorme célébration catalano-usapiste sous le haut parrainage du  FC Barcelone qui est, comme chacun sait, "mes que un club" et selon l'écrivain Manuel Vasquez Montalban "l'armée symbolique d'un état sans nation". La cérémonie se déroulera au stade Lluís Companys, du nom de ce président historique de la Generalitat de Catalogne, fusillé à Montjuïc par les troupes de Franco. Les étandarts "sang et or" des 32.000 supporters nord-catalans y auront une force symbolique qu'il ne faudrait surtout pas négliger. Bien plus importante qu'on ne l'imagine à Perpignan.

C'est le grand paradoxe des identités : elles sont censées évoquer l'immuable, la passassion des valeurs communes mais elles ne se vivent pas de la même manière selon les époques et même les endroits.  Dans des contextes totalement différents, FC Barcelone et USAP ont joué le même rôle. Celui de conserver la mémoire d'une identité. Mais pour qu'ils se retrouvent Catalans du nord et du sud ont dû attendre d'avoir justement un contexte un commun.

A travers le sport-spectacle, la théâtralisation de la fête populaire et l'exposition médiatique, autant de façon de vivre dans cette Europe post-moderne dont Barcelone est la capitale, ils peuvent désormais trouver un terrain d'entente. Les symboles y ont leur importance, on l'a dit, mais aussi le business. L'USAP vient chercher des "relais de croissance" à Barcelone mais n'arrive pas les mains vides. 32.000 supporters d'un coup dans la capitale mondiale du tourisme urbain, ce n'est pas rien.

Voilà donc deux clubs "français" qui s'affrontent en "Espagne" pour une compétition qui porte le nom d'une marque de bière hollandaise gérée par une compagnie privée basée en Irlande. Le match sera retransmis dans une vingtaine de pays et même sur France Télévision. Et tout cela grâce à la Catalanité. Pas étonnant que le maillot arlequin soit de mise dans cette époque formidable.

05/11/2010

L'USAP a basculé du côté obscur

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La pire des défaites au pire moment... Les Catalans ont perdu contre Toulon alors qu'ils retrouvaient à la fois un effectif complet, de la confiance et qu'ils avaient fait du défi face aux "frères de la côte" (méditerranéenne, bien sûr) un enjeu de prestige. Et comme suprême récompense, ils ont pratiquement un mois entier devant eux à mijoter dans leur jus avant de pouvoir -éventuellement- se relancer à Castres.

Équilibristes sur un fil depuis le début de la saison, la défaite face à Toulon fait donc basculer les Catalans vers le côté obscur. Le jet de projectile sur l'arbitre de touche, les sifflets d'Aimé-Giral ont fait retenir les battement du coeur des ténèbres sur Aimé-Giral qui voit subitement la vie en noir. L'absence totale de point bonus provoque des frissons dans le dos de ceux qui font le compte de la moisson réalisée par les autres clubs dans ce secteur et illustre parfaitement le parcours laborieux des Perpignanais.

La défaite face à Toulon est due à la fois à un manque de fraîcheur physique (résultat de l'accumulation de blessé, du match de Paris, d'une option malheureuse de coaching et d'une impasse réussie des Toulonnais) et d'une récurrente difficulté à gérer la stratégie d'un match dans un club sans véritable numéro 10 et qui n'a pas vraiment remplacé Nicolas Durand au poste de numéro 9.

La suite ? Un vrai défi de Jedi. Il faudra à la fois résister à la crise et gagner des matches, notamment à l'extérieur. Une véritable rédemption, digne de Dark Vador.

A part ça, Phil Burger est parti. L'ailier et arrière sud-africain s'est échappé en avion le matin du match pour rejoindre les "Cheetas" d'Afrique du Sud après trois saisons insaisissables à Perpignan faites de coups de génie et de grandes absences. On retiendra son essai bip-bip (vidéo ci-dessous) au Munster, lui quelquefois savait aussi être le coyote un peu bizarre du dessin animé.

 

04/11/2010

La trève sera amère

Battu par Toulon, l'USAP s'est incliné à domicile pour la deuxième fois de la saison. Une très mauvaise manière d'aborder la trève pour les Catalans qui continuent leur gâchis en championnat où ils perdent beaucoup de points.

A la pause, les Catalans étaient menés de 20 points, ce qui ne leur était pas arrivé à Aimé-Giral depuis longtemps. Très indisciplinés en défense, maladroits en attaque, les Catalans s'étaient offerts à la botte de Felipe Contepomi, très précis dans ses coups de pied et aux essais en puissance Fernandez-Lobbe puis de Contepomi, encore lui, sur un contre, et alors que les Catalans étaient réduits à 14 après un carton jaune reçu par Robbins Tchale-Watchou.

La rentrée de la première ligne "tricolore" composée de Mas, Guirado et Schuster faisait beaucoup de bien en conquête -touche et mêlée- aux Perpignanais qui se heurtaient toujours à la très solide défense toulonnaise. Edmonds trouvait pourtant l'ouverture et son essai ramenait l'USAP à 26-13 juste après la mi-temps.

Pourtant, les catalans restaient emrpuntés devant la "muraille physique" du RCT et prenait même un second carton, Vilaceca étant sorti pour un en-avant volontaire. Difficile dans ces conditions pour une USAP brouillonne de trouver les ressources pour inverser la tendance. Un essai de Schuster, en force, maintenait l'espoir mais Contepomi bénéficiait d'une pénalité qu'il passait comme à la parade. 29 à 20 : toujours pas de bonus pour l'USAP...

03/11/2010

Contepomi en dix et un gros duel de troisième ligne pour USAP-Toulon

Felipe Contepomi remplacera Jonny Wilkinson au poste de numéro 10 à Aimé-Giral (19 h)  jeudi soir contre l'USAP. Autres changements par rapports aux précédentes sorties de Toulon : Messina a été préféré à Kefu au centre en compagnie de Lovobalavu alors que le trio Sinzelle-Sackey-Wulf formera le triangle arrière-ailiers.Au poste de demi-de-mêlée, Mignoni revient aux commandes de préférence à Enjack.

C'est surtout en troisième ligne que le RCT est impressionnant avec le trio Van Niekerk-Fernandez Lobbe-Smith qui ivrera un duel décisif avec la troisième ligne catalane composée de Tonita, Chouly et Guiry. En première ligne, Emmanuelli et Bruno, préservés à Toulouse, font leur rentrée avec Kubriashvili et donc sans Hayman relégué sur le banc des remplaçants. Avec Pulu, Tincu et Freshwater, l'USAP fait de son côté la même opération qu'à Paris, gardant en réserve de la République les "catalano-tricolores" Mas-Guirado-Schuster.

Les Perpignanais ont choisi en effet la continuité, laissant une charnière Edmonds-Cazenave, la paire grandclaude-Marty au centre aux affaires alors que Batlle devrait remplacer Candelon à une aile.

 

02/11/2010

La voiture de Laurel et Hardy

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La voiture de Laurel et Hardy, vous connaîssez ? On décide de fermer le capot et le coffre s'ouvre. On se lève pour le claquer et c'est une porte qui se déverrouille. Et ainsi de suite...

L'USAP de cette saison, c'est un peu cela. Consciente qu'il lui fallait évoluer après l'impasse d'une finale perdue en misant tout sur la puissance, elle a décidé d'envoyer plus de jeu. Problème : les portes de la défense se sont brusquement ouvertes. Les Catalans marquaient des essais (12 en trois matches avant d'aller au Racing) mais en encaissaient presque autant (11 sur la même période).

Bref, il fallait verrouiller à double tour la défense quitte à laisser de côté les belles intentions offensives. C'est ce qui a été fait à Paris où les Catalans ont signé un match nul (18-18) sans marquer d'essai.

Un gros retour de balancier mais qui satisfait Brunel, mécanicien méthodique préférant laisser le coffre bâiller plutôt que le capot. Apôtre de l'équilibre, il sait qu'il faut en passer par là. L'idéal, bien sûr, est de faire rouler la voiture sans rien laisser d'ouvert. C'est peut-être même indispensable de le faire dès jeudi sous peine de se prendre le tramway Toulon plein fer.

22/04/2010

Pilou-Pilou sur un volcan

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Et voilà... A cause d'un volcan, l'Eyjafjöll, j'ai perdu l'occasion de parler d'un autre cratère, le Vélodrome pendant Toulon-USAP. Dommage parce que j'avais gardé de côté une Gorgone histoire d'illustrer les Pilou-Pilou.

Pourquoi une Gorgone ?

A cause des "femmes echevelées' bien sûr. Voici les paroles :

Ah ! Nous les terribles guerriers du Pilou Pilou
Qui descendons de la Montagne vers la Mer
Pilou Pilou !!!!
Avec nos femmes échevelées allaitant nos enfants
A l'ombre des grands cocotiers blancs
Pilou Pilou !!!!
Nous les terribles guerriers poussons notre terrible cri de guerre
Aaaarrggghhhh !
J'ai dit "notre terrible cri de guerre !!!!"
Aaaarrggghhhhhhhhhhh !
Parce que Toulon
Rouggggeeee !!!!"
Parce que Toulon"
Noooiiiirrrr !!!!!"
Parce que Toulon"
Rouge et noirrrr !!!!"

La Gorgone est un beau mythe méditerranéen là où le pilou-pilou, à l'évidence, lorgne du côté du folklore polynésien. La danse guerrière du Pilou-Pilou, attribuée par les voyageurs du XVIIe siècle aux indigènes de ces îles a inspiré ce refrain, entre chants de marins (Toulon est un port de guerre) et probable fascination pour les rugby maori.

L'auteur des parole est Marcel Bodrero, joueur de la fin des années 40 et surtout éducateur du RC Toulon. Il a notamment entraîné avec Jean Carrère, catalan et ancien maire d'Argelès, à l'origine d'une mini-filière catalane qui a également compté Jo Galy et Jo Maso.


06/11/2009

Par ici la bonne affaire

L'art de gagner un match qui aurait pu être piégeux... La victoire avec bonus de l'USAP face à Toulon (25-9) confirme la maîtrise  des champions de France en titre. Face à une équipe toulonnaise très bien organisée défensivement et accrocheuse, ils ont su donner les coups d'accélérateurs nécessaires aux moments importants, faire le dos rond sans s'affoler pendant leurs temps faibles.

Ils ont par exemple inscrit deux essais en première période pendant la période d'infériorité numérique des Toulonnais. Matt Henjak, qui jouait son dernier match avant son licenciement, accomplissait 10 minutes de moins sur son temps de préavis, encaissant le premier des trois cartons jaunes toulonnais. L'USAP en profitait pour imposer une longue et éprouvante épreuve de force à la mêlée toulonnaise.

Elle craquait une première fois sur un essai de pénalité avant de perdre un ballon exploité rageusement par Tuilagui puis dans le côté fermé par Mélé à destination de Sid. Pour le troisième essai, celui du bonus, il fallait attendre ensuite la dernière minute : un changement d'appuis décisif de Sid, un petit exploit personnel de Mermoz, un relais acrobatique d'Olibeau pour Manas. Entre temps, Toulon était resté la plupart du temps à six points d'écart au score.

Le match nul entre Castres et Montferrand donne quatre points d'avance aux Catalans, leaders du Top 14 avant 10 jours de trève, deux déplacement à Albi et Bayonne et la réception de Montpellier.

Les internationaux Mermoz, Tuilagi et Mas sont apparus en forme, notamment la Samoan qui retrouvera le XV de France le 21 novembre à Paris.