10/05/2010

L'intox façon Novès

USAP-TOULX005.JPG

Ce qui est remarquable, avec le manageur toulousain Guy Novès, c'est que son "intox" n'en est pas une. Un peu comme le Horla de Maupassant, il est adepte de la "transparence opaque". On s'explique :

- il a raison de dire qu'entre l'USAP, qui vient de se reposer pendant trois semaines, et le Stade Toulousain, confronté à deux matches à élimination directe contre le Leinster et Castres, il y a une disproportion énorme.

- il n'a pas tort non plus de considérer que réussir un doublé, dans ces conditions, tiendrait du miracle. Il est d'autant mieux placé pour l'affirmer que le Stade toulousain a souvent connu cette mésaventure par le passé.

- il est fondé à remettre en cause un calendrier funeste pour une équipe qui joue sur les deux tableaux. Ce n'est pas le cas de Perpignan et Biarritz, ses deux futurs adversaires.

Bref, il a raison sur tout mais son art du bluff ou de l'intox vient de ce qu'il ne dit pas.

- par exemple, que son équipe, dans le rythme des phases finales, peut surprendre des Catalans qui se préparent "à vide" depuis trois semaines et sont en roue libre depuis bien plus longtemps encore.

- ou encore que lui, comme ses joueurs, rêvent en secret d'un exceptionnel doublé, réussi en 1996 et souvent tenté depuis les Stadistes.

- qu'on ne renonce pas à une compétition, surtout pas le championnat de France. Penser que Toulouse va "lâcher" le match contre l'USAP est de la pure science fiction et serait la pire des manières de préparer la finale contre Biarritz.

- enfin, il sait que des deux équipes, c'est l'USAP qui doit faire face aux plus gros problèmes d'effectif à la fois en numéro 10 et au poste d'ailier.

- pour finir, il n'ignore pas que Toulouse a fait une très grosse impression lors de ses deux derniers matches et que tout ce qui peut "endormir" l'adversaire est bon à prendre.