25/08/2009

Wilkinson, le Real et Mickey 3D

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Jérôme Porical, pur produit du club, lors de la finale. Le titre vu par les photographes de l'Indépendant. A partir du 29 août, galerie Doisneau, à Perpignan.

 

Le vrai retour au premier plan de l'USAP depuis la finale du 6 juin dernier est pour samedi. Toulouse à Aimé-Giral, c'est une bonne dose de dramatisation pour tout le monde (le classement, le bonus, etc...) mais aussi une façon pour l'équipe de Perpignan de rappeler à la face du rugby français son standing tout neuf de champion de France. Cet été, le club perpignanais a été victime du même syndrome, toutes proportions gardées, que son grand et riche cousin de Barcelone. L'exploit des "Gladiators" de l'équipe de Pep Guardiola (triplé historique Liga, coupe du Roi et Ligue des Champions) a été occulté par la délirante campagne de recrutement de son grand rival, le Real de Madrid. Les millions ont flotté tout l'été au dessus du Barnabeu où chaque présentation d'un Kaka, Ronaldo ou Benzema envoyaient au rancart les souvenirs des fêtes triomphales de juin au Camp Nou.

La comparaison a bien sûr ses limites. Le Barça a décidé de s'attacher les service d'Imbrahimovic là où l'USAP a jugé superbement inutile de ne pas remplacer le Lion Nathan Hines et le Kiwi Dan Carter. N'empêche, le Top 14 a vu débarquer Wilkinson, Chabal, Steyn et un nombre impressionnant d'internationaux anglais. Le "choc" bling-bling entre Toulon et le Métro Racing était l'affiche au sommet de ce championnat des nouveaux riches qualifié de "meilleur championnat du monde" par Philippe Saint-André. USAP-Toulouse devient donc une sorte de "classico" de bon goût, valeurs sûres et vieilles maisons. A une semaine d'intervalle, on pourra juger sur pièce des deux facettes du Top 14.

Dans ce championnat marqué par la course à l'armement, les Perpignannais, avec leurs équipe construite sans grosses vedettes et avec des p'tits gars du pays sont-ils atypique ? Pas si sûr. Les Catalans, qui furent parmi les premiers, au début des années 2000, à recruter tous azimuts, renouvelant le tiers de l'effectif à chaque intersaison, ont trouvé la bonne formule en 2009 en revenant à des valeurs plus traditionnelles. Ils n'ont pas été très brillants à Montpellier mais les 18 points encaissés là-bas ont été marqué par un jeune ouvreur de 22 ans à qui on avait laissé les clés du camion, Benoît Paillaugue. A la Perpignanaise.

Au cinéma et dans le rock, le film de Kean Loach "Looking for Eric" ou le "Johnny Rep" de Mickey 3D parlent d'un sport à l'ancienne, populaire, local et collectif. Passé de mode ? Ça reste à voir...