23/11/2010

L'USAP va enchaîner les tournants

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Paul Goze devrait prendre la parole cette semaine, à un moment où le club se présente au pied d'une route en lacets qui le verra enchaîner les tournants tous plus décisifs les uns que les autres.

En championnat d'abord, les Catalans vont probablement jouer une bonne partie de leur saison d'ici fin décembre et pour commencer dans 10 jours à Castres. Ils disposent de quelques atouts pour cela : ils ont récupérer la totalité de leur effectif pour la première fois depuis le début de la saison, notamment Olivier Olibeau. Les tournées de novembre démontrent qu'ils n'ont jamais compté autant d'internationaux (Mas, Gurado, Schuster, Porical et Marty sans compter Tchale-Watchou et Mermoz chez les Barbarians). Enfin, les incidents contre Toulon n'ont eu que des conséquences mineures (6000 euros d'amende et sanction symbolique pour Tchale-Watchou).

Vis-à-vis du Barça ensuite, puisqu'il se dit que Paul Goze annoncerait ce mercredi que la tenue du match USAP-Racing CF en avril prochain au Camp Nou. Un projet carressé depuis longtemps par le club catalan qui se concrétiserait. Toujours prudent, le président catalan attend encore mais télévisions et fédérations sont partis au Camp Nou juger de la conformité du stade.

Il faudra cependant régler le cas Brunel. Car l'incertitude demeure sur l'avenir de l'entraîneur perpignanais auquel il reste certes un an de contrat mais qui est courtisé par l'équipe d'Italie voire Biarritz. Il n'est jamais très bon de retenir un entraîneur désireux de tenter une nouvelle aventure mais Brunel est pour beaucoup dans la réussite de l'USAP. Le bilan de ses trois premières saisons : demi-finale, titre de champion, finale. Il vit sa quatrième saison sur le banc, ce qui est peut-être beaucoup.

Et toujours en suspens, l'hypothèse Carter. L'USAP a probablement déjà engagé le gallois James Hook mais la possibilité d'un retour de Carter est plus que jamais d'actualité. La rallonge budgétaire de la mairie de Perpignan, doublant son aide pour la porter à quasiment un million d'euro pourrait permettre de réaliser ce transfert. Mais une qualification en Coupe d'Europe est également fortement nécessaire, ce qui ajoute au suspense (en petit cadeau, à propos de Carter, cette vidéo où il s'amuse dans le parc du château de Cardiff, à 200 mètres du Millennium Stadium).

Cela fait beaucoup de virages à venir d'ici la fin de l'année...

02/09/2010

Pitié pour la pelouse du Camp Nou


On voit d'ici le tableau. En ce 1er avril très pluvieux, comme souvent le printemps à Barcelone, l'USAP a décidé de provoquer l'épreuve de force contre le Stade Toulousain au pied des poteaux de son adversaire. Avec leur rage habituelle, les coéquipiers de Nicolas Mas viennent d'enchaîner leur huitième mêlée, dans ce secteur de jeu où  les Catalans ont décidé de faire basculer un match indécis en raison d'un ballon trop glissant.

Le combat est homérique et la dernière tentative de départ de Tuilagi derrière ses avants a fait rugir le Camp Nou soulevant d'impressionnante mottes de terre derrière chacun de ses pas.

A cet instant précis, une silhouette étonnament fluette dans son costume bien coupé bondit au milieu des monstres aux maillots boueux. Pep Guardiola vient de craquer. Tel Jimmy Jump, le célèbre streaker catalan, son intrusion interrompt la partie. Là, pourtant, aucun des steawards du Barça n'ose arrêter l'entraîneur de l'équipe au jeu le plus léché de l'histoire du football et qui ne supporte plus de voir sa belle pelouse, où le moindre tacle provoque habituellement l'intervention d'une armée de jardinier maniaques, être labourée à l'occasion d'un spectacle sauvage et incompréhensible.

Bon, j'arrête la fiction. N'empêche, la question de la pelouse semble être aujourd'hui le principal obstacle à l'organisation d'un match de l'USAP au Camp Nou. A Aimé-Giral, Sandro Rossel, le président du Barça a avoué en aparté qu'il s'agissait de sa grande inquiétude. Le Barça est d'accord sur le principe, aucun détail ne semble insurmontable (autorisation des fédérations, location du stade, événement à créer, remplir les tribunes) à art la question très délicate de la pelouse.

En liga, le Barça doit jouer le 10 avril contre Almeria. Mais le 5 avril, il y a un quart de finale aller de la Ligue des Champions (retour le 15). Le 16 avril, l'USAP reçoit le Racing CF de Chabal, ce qui ferait de ce match le candidat numéro 1 pour la rencontre du Camp nou. Il y aurait 8 jours de délais avant la rencontre Barcelone-Osasuna le 24 avril. Sans compter qu'une opposition entre des Catalans et la capitale serait un enjeu immédiatement compréhensible pour le public catalan.

31/08/2010

Oui, la venue de Rosell est importante

 

Bien sûr que ça ne tombe pas très bien. Mais la venue de Sandro Rosell à Perpignan est importante. Le président du FC Barcelone, manifestement bien "amorcé" par les émissaires de l'USAP, est un événement important. Son prédécesseur, Joan Laporta, avait connu une expérience malheureuse. A l'occasion d'un macth de football Barça-Marseille, il avait pu tester, à Aimé-Giral, la popularité de... l'Olympique de Marseille dans le "deep south" français.

Là, le président du plus grand club du monde réfléchit à un projet majeur : un match à Barcelone. Enorme défi, encore plus grand que les grands rendez-vous "guazzinesques" du Stade de France. Est-il déterminé à mener ce projet à bien ? L'USAP aura-t-elle l'estomac de relever cet énorme défi ? (Sonneries de trompettes).

On verra bien... A Perpignan, le président du Barça devrait en tout cas annoncer un accord d'intention pour mettre en place les conditions d'une collaboration entre les deux clubs tout en carressant le "rêve" d'un match dans la capitale catalane. C'est en tout cas ce qu'explique le site du FC Barcelone.

30/08/2010

L'USAP recroquevillée en attendant Biarritz et Rosell

Une petite mise au vert coupés du monde. Les joueurs de Perpignan sont à l'isolement avant la rencontre face à Biarritz mercredi soir. Seul visiteur du vestiaire -mais pas le moindre- Paul Goze est venu leur faire une petite causerie lundi matin sur le thème : il faut se mobiliser et ne pas rater le rendez-vous qui s'annonce. D'une manière générale, c'est toute la smeaine (avec le déplacement à Agen dimanche) qui est importante pour redresser la barre usapiste.

Pour ce match, les Catalans enregistrent les retours des internationaux Guirado, Mas et Mermoz tout en espérant les rentrées de Le Corvec, Tuilagi et Porical.

Ce mercredi est également capital en coulisses avec la venue de Sandro Rosell, la président du Barça, pour discuter de l'éventualité d'un match au Camp Nou.

29/08/2010

USAP : de la bonne façon de réagir

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Après une défaite qui fait mal -c'est bien entendu le cas après la prise de la forteresse Aimé-Giral par Montpellier- il faut réagir. En attendant de voir ce que cela donnera sur le terrain mercredi soir contre Biarritz, notons de quelles manières ce résultat a été accueilli à chaud à la lecture des réactions des uns et des autres, notamment dans l'Indépendant.

- Il y a la lucidité froide de Paul Goze. L'homme est tout sauf un emporté et s'il n'est pas le genre à en rajouter mais ses phrases ne sont pas non plus vides de sens. Un exemple : "Une défaite sur notre terrain est quelque chose qui marque un vestiaire" (Comprenez : "Les joueurs se doivent une revanche"). Sinon, l'homme est un adepte du balancement, histoire de prouver qu'il peut comprendre mais qu'on ne la lui fera pas deux fois. "On avait des absents mais on a aussi loupé notre match" et "Il n'y a pas le feu mais on doit immédiatement redresser la barre à l'extérieur".

- Il y a la sagesse de Jacques Brunel qui rappelle que "tous ceux qui, l'an passé, ont fait un bon parcours ont perdu à domicile" ou encore "un championnat marathon" qui "nous permettra de rebondir". Il ne s'attarde pas sur le fait d'avoir fait jouer Guirado et Mas à Brive, pari perdu finalement payé contre Montpellier, prouvant que la sagesse n'est pas forcément pour lui la prudence.

- Il y a la sportivité de Béchu et Galthié, les entraîneurs montpelliérains. "Ce n'est pas donné à tout le monde de gagner ici mais on ne fait pas les malins. On est conscients que Perpignan était très diminué", dit le premier. Le second, qui a connu Brunel à Colomiers, se dit désolé auprès de lui et conclut à propos de l'USAP : "On a mis le coeur et le ventre qu'elle sait mettre dans son rugby. J'aime vraiment cette équipe catalane et je la respecte beaucoup". Et ces propos sont finalement ceux qui rassurent le plus.

- Il y a enfin l'apparente tranquillité des Biarrots, aussi mal lotis que l'USAP (deux défaites dont une à l'extérieur) mais qui voient des raisons d'espérer dans leur défaite à Agen : "On va aller à Perpignan avec des ambitions, prévient Serge Blanco. Je ne suis pas inquiet pour la suite". Il n'a pas, c'est vrai, les problèmes d'effectif des Catalans.

16/12/2009

Paul Goze dans une maison qu'il connaît bien

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Paul Goze vient d'être élu au comité directeur de la Ligue Nationale de Rugby en battant Mourad Boudjellal, le président de Toulon, par 33 voix contre 21. Le duel entre les deux hommes était intéressant et pas seulement parce qu'ils s'étaient déjà affrontés lors du recrutement de Dan Carter. Par rapport à Boudjellal, Goze est en effet un "modéré" dans son approche de la professionnalisation du rugby contrairement à celui de Toulon, plus proche d'un Max Guazzini ou René Bouscatel dans sa volonté de pousser plus loin la logique professionnelle.

"Si on se réfère au vote, il y a une majorité encore importante de clubs pour défendre une certaine modération dans l'évolution du rugby" a confirmé Paul Goze après son élection. La positionnement de l'homme sur ce problème est tout sauf une nouveauté. Il avait, par exemple, appuyé fortement Serge Blanco, partisan d'une transition douce de l'amateurisme au professionnalisme au travers d'un championnat à 16 clubs, lors des balbutiements de la Ligue de rugby en 1998.

Paul Goze, dès cette époque, est déjà membre du comité directeur de la LNR en tant que "personnalité extérieure" pendant près de 10 ans. Ce qui ne l'a pas empêché d'être actif dans la vie interne de l'USAP, son soutient à Dagrenat en 2000 ayant été décisif avant de s'y opposer et de lui succéder en 2007. A noter que Paul Goze a également été membre du comité directeur de la FFR pendant la première moitié des années 90, exerçant notamment la fonction de trésorier adjoint. Bref, ce n'est pas un petit nouveau qui débarquera rue de Liège, où se trouvent à la fois la ligue et la fédération.

22/10/2009

Pression : la tournée des patrons

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Difficile d'imaginer personnages aussi différents que Paul Goze et Max Guazzini, les présidents de l'USAP et du Stade Français. Mais un point commun réunit les deux hommes. Avec eux, il faut aller au-delà des apparences. Accent et faconde à la Galabru, style à l'emporte-pièce savamment cultivé, Paul Goze cache une intelligence à sang-froid redoutable. Et si Max Guazzini adore mettre en avant sa sensibilité, son affectif et ses amis du show-bizz, il est d'abord un chef d'entreprise qui sait très précisément ce qu'il veut.

Tout cela pour dire que les deux présidents se rejoignent, cette semaine, pour donner un bon coup de pression sur leurs équipes, qui s'affrontent samedi au Stade de France.

Paul Goze, pour commencer, a fait ses comptes. En cas de défaite, l'USAP se retrouverait à la sixième place au classement, au "prix plancher" de la qualification. Risqué. Il estime aussi que l'irrégularité dans les performances -à mettre sur le coup du "choc affectif" suivant le titre- a assez duré. La qualité de certains matches rend, à ses yeux, d'autant moins acceptables les contre-performances et le rendez-vous du Stade de France lui semble un moment décisif pour une remise en question.

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Max Guazzini, lui, en a vraiment marre de ne plus gagner au Stade de France. L'inventeur du match de championnat à 80 000 personnes se sent le dindon de la farce depuis que son équipe n'y gagne plus, laissant échapper une partie des bénéfices de ces événements. Dans le contexte de concurrence avec le Métro Racing sur Paris, le président stadiste saurait parfaitement tirer profit de la symbolique d'une victoire face au champion en titre.

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Bref, pour ce déplacement à Paris, la pression est servie par le tandem Goze-Guazzini avant même la virée rue de la soif.

A gauche, Paul Goze jeune.

A droite Max Guazzini approximativement au même âge.