10/07/2010

Le poids du maillot

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C'est à la mode alors parlons foot. La qualification de l'équipe d'Espagne en finale de la Coupe du Monde est une affaire essentiellement catalane. Le but de la demi-finale a été marqué par Puyol, treize joueurs du Barça figurent dans l'effectif et influencent totalement le style de jeu. Les joueurs du Real sont loin d'être les meilleurs et semblent se contenter d'apporter une note de folklore macho à la "Roja".

En attendant le jour où l'USAP influencera pareillement le XV de France (dans l'équipe puisque pour le staff, c'est déjà fait), intéressons-nous à la gêne que cela suscite chez nos voisins du sud. Le Barça, qui aime se présenter comme le vaisseau amiral de la "catalanité" est ici un peu piégé et toute la Catalogne avec. Voilà qu'elle fournit à "l'Etat" (entendez par là l'Espagne quand on n'a pas envie d'en prononcer le nom) les moyens d'une victoire historique, d'une fête nationale et d'une profusion de drapeaux espagnols. La situation est ironique alors même que le débat sur le "statut" autonome agite la Catalogne, une grande manifestation étant prévue à Barelone la veille de la finale.

Tout cela pour dire quoi ? Que le petit jeu intellectuel visant à affubler le sport de tout un tas de symboles, c'est bien amusant à condition de ne pas oublier un petit détail. Ce qui fait une performance, c'est la valeur des athlètes qui composent l'équipe à un moment donné, la qualité humaine des relations au sein d'un groupe et la pertinence de la stratégie mise en place pour gagner. L'USAP, après avoir prétendu pendant des années être au complet "quand elle est composée de 15 catalans" est devenue championne de France comme par hasard, l'année où elle a le mieux joué au rugby.

Et l'aventure de l'équipe d'Espagne appartient d'abord aux joueurs qui la composent, à une génération qui, depuis des années et les sélections de jeunes, a appris à gagner ensemble. Quand Pujol fêtait sa victoire, c'était en pensant à ça, sans s'amuser à compter les nombres de barres jaunes ou rouges sur le drapeau.

25/08/2009

Wilkinson, le Real et Mickey 3D

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Jérôme Porical, pur produit du club, lors de la finale. Le titre vu par les photographes de l'Indépendant. A partir du 29 août, galerie Doisneau, à Perpignan.

 

Le vrai retour au premier plan de l'USAP depuis la finale du 6 juin dernier est pour samedi. Toulouse à Aimé-Giral, c'est une bonne dose de dramatisation pour tout le monde (le classement, le bonus, etc...) mais aussi une façon pour l'équipe de Perpignan de rappeler à la face du rugby français son standing tout neuf de champion de France. Cet été, le club perpignanais a été victime du même syndrome, toutes proportions gardées, que son grand et riche cousin de Barcelone. L'exploit des "Gladiators" de l'équipe de Pep Guardiola (triplé historique Liga, coupe du Roi et Ligue des Champions) a été occulté par la délirante campagne de recrutement de son grand rival, le Real de Madrid. Les millions ont flotté tout l'été au dessus du Barnabeu où chaque présentation d'un Kaka, Ronaldo ou Benzema envoyaient au rancart les souvenirs des fêtes triomphales de juin au Camp Nou.

La comparaison a bien sûr ses limites. Le Barça a décidé de s'attacher les service d'Imbrahimovic là où l'USAP a jugé superbement inutile de ne pas remplacer le Lion Nathan Hines et le Kiwi Dan Carter. N'empêche, le Top 14 a vu débarquer Wilkinson, Chabal, Steyn et un nombre impressionnant d'internationaux anglais. Le "choc" bling-bling entre Toulon et le Métro Racing était l'affiche au sommet de ce championnat des nouveaux riches qualifié de "meilleur championnat du monde" par Philippe Saint-André. USAP-Toulouse devient donc une sorte de "classico" de bon goût, valeurs sûres et vieilles maisons. A une semaine d'intervalle, on pourra juger sur pièce des deux facettes du Top 14.

Dans ce championnat marqué par la course à l'armement, les Perpignannais, avec leurs équipe construite sans grosses vedettes et avec des p'tits gars du pays sont-ils atypique ? Pas si sûr. Les Catalans, qui furent parmi les premiers, au début des années 2000, à recruter tous azimuts, renouvelant le tiers de l'effectif à chaque intersaison, ont trouvé la bonne formule en 2009 en revenant à des valeurs plus traditionnelles. Ils n'ont pas été très brillants à Montpellier mais les 18 points encaissés là-bas ont été marqué par un jeune ouvreur de 22 ans à qui on avait laissé les clés du camion, Benoît Paillaugue. A la Perpignanaise.

Au cinéma et dans le rock, le film de Kean Loach "Looking for Eric" ou le "Johnny Rep" de Mickey 3D parlent d'un sport à l'ancienne, populaire, local et collectif. Passé de mode ? Ça reste à voir...