21/09/2009

L'hymne, le refrain et la panthère rose

La petite série sur la "play-list" de l'USAP a lancé un débat nourri sur le site du club autour de l'hymne. Les paroles de l'Estaca ont été projetées sur l'écran géant pendant la diffusion de la chanson contre Montauban. Confirmation : les couplets, très écrits, sont difficiles.

Ils ont donc été peu reprises et interrompues par quelques annonces du speaker.

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L'imposer comme hymne exigerait une autre solennité (certains évoquent l'idée de faire se lever le public) et pas mal de patience. En attendant, l'Estaca devient petit à petit un morceau comme un autre dans la riche animation musicale du stade.

Une animation tellement riche que notre refrain préféré "Volem Pa Amb Oli" semble en voie de disparition, pas aidé par la disparition de la "banda".

Depuis le début de la saison, le thème très hollywoodien du "Pirate des Caraïbes" accompagne l'entrée des joueurs sur le terrain. Dernière nouveauté : le thème de la "Panthère Rose" pendant le temps d'attente consacré à l'arbitrage vidéo.

Franchement bizarre, étonnamment rose en cette période de sortie du calendrier et un peu inquiétant : imaginez l'inspecteur Clouzot (photo) dans le rôle de l'arbitre !

 

18/09/2009

La play-list de l'USAP (3)

 

Le plus récent des "tubes" usapistes est d'une importance énorme dans l'histoire du club. La "Mano de Dios" a été importée par le pilier argentin Sebastian Bozzi lors de la saison 2008-2009, celle du titre. Imposée serait même le mot exact. La vidéo du film d'Emir Kusturica consacré à Diego Maradona, et dans laquelle le prodige du football chante en personne (et à la première personne) la "Mano de Dios", a tourné en boucle dans le bus pendant les déplacements. Elle est alors devenue la chanson fétiche de l'équipe et a été diffusée dans les hauts-parleurs du Stade de France

Cette chanson du chanteur Rodrigo El Potro (le "Colt"), mort dans un accident de voiture à l'âge de 27 ans, est un hommage au footballeur argentin et à son fameux but de la main contre l'Angleterre lors du Mundial 86 de football au Mexique.

Avec la "Mano de Dios", l'USAP prend une coloration à la fois latino et sudiste qui lui va plutôt bien. Quelque part entre Barcelone, première ville latino-américaine d'Europe et Naples, au bord de la Méditerranée, où Maradona avait été l'homme de la "revanche du sud" lors des titres conquis par le Napoli des années 80.

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Sans atteindre le paroxysme de l'opposition nord-sud à l'Italienne (à une banderole, "Bienvenue en Italie", les supporters du Napoli avaient répondu à ceux de Vérone, "Juliette est une salope"), la rivalité entre l'USAP et le Stade Français, sur les 15 dernières années, la volonté de reconnaissance de l'équipe catalane dans l'hexagone rugbystique en font l'équipe la plus "sudiste" du rugby français. "Perpignan, c'est un peu l'hémisphère sud de l'hémisphère nord", avait résumé, avec son humour qui lui est propre, Olivier Saïsset.

Né et exilé à Paris, le chanteur Balbino Medellin cultive d'ailleurs lui-aussi cette identité latino. Sa chanson Perpignan est régulièrement diffusée à Aimé-Giral où il fût un très bel interprète de l'Estaca qu'il a tenté de faire reprendre, avec un certain succès, au public. Ce qui nous rappelle l'oubli injuste de Cali dans cette play-list, un chanteur dont le soutien au club ne souffre aucune discussion. Au Stade de France, il avait chanté, "C'est quand le bonheur", titre repris de façon un peu facharde, au lendemain d'une finale perdue en 2004 à Paris par l'Indépendant, illustré d'une photo de supporter en pleurs. C'était quand le bonheur en 2004 ? Cinq ans plus tard...

 

17/09/2009

La play-list de l'USAP (2)

 

Populaires, roussillonnaises et plus spontanées, "Els y fotrem" et "Volem Pa Amb Oli" figurent en deuxième et troisième place de la play-list des morceaux usapistes. Nous ne sommes pas ici dans la grande oeuvre mais plutôt dans le chant  populaire, que tout le monde connaît et peut reprendre en choeur.

Le "Els y Fotrem" de Jordi Barre a connu une seconde jeunesse depuis qu'il est devenu le "jingle" qui ponctue les points lors des matches à Aimé-Giral. Les paroles plongent dans la culture populaire à la fois du rugby et du roussillon (elles ont été écrites pour cela). Elles ont fait l'objet d'un savoureux débat sur le forum de l'USAP. Le lien vous permet d'y accéder puisque nous avons la correction de donner le lien plutôt que d'aller copier coller directement l'article, ce que certains membres du forum s'amusent à faire sans vergogne.

Jordi Barre a chanté "Els y Fotrem" sur le podium du Castillet lors de l'arrivée du bouclier à Perpignan. La vidéo n'est pas de très bonne qualité mais permet de constater que les supporters connaissent assez bien les paroles.

"Volem Pa Amb Oli" est un petit refrain éminemment sympathique. Il est simple et évoque tout de suite le contentement gourmand. Généralement, le public le chante quand il est satisfait. Genre, l'USAP gagne, joue bien ; envoyez le pain, l'huile et la tomate et un verre de muscat en suivant. Le bonheur...

Les paroles de Volem Pa Amb Oli

Volem pa amb oli,
pa amb oli volem.
Volem pa amb oli,
pa amb oli volem.
Volem pa amb oli,
pa amb oli volem.
Si no ens en donen,
si no ens en donen,
ens el prendrem !

 

C'est aussi le seul chant qui, spontanément, est chanté par le public depuis très longtemps même s'il est aujourd'hui un peu en perte de vitesse. Il était le tube favori de la défunte "tribune CGT" qui regroupait le public le plus populaire.

Pour finir, un mot de la "Santa Espina". Cette Sardane de Catalogne du sud au sens politique évident ("Som i serem gent catalana, tant si es vol com si no es vol", "nous sommes catalans que vous le vouliez ou non") bénéficie d'un rayon entier d'exposition au musée d'histoire de la Catalogne à Barcelone. Au stade Aimé-Giral, cette sardane un peu inquiétante permet au public de scander, avant l'entrée des joueurs sur le terrain, un rythme à trois temps faisant monter idéalement la dramaturgie. Idéale pour mettre l'adversaire en condition.

Hélas, son succès auprès des supporteurs l'a popularisée comme sonnerie de téléphone portable. Une collègue de travail, vient justement de rentrer de vacances, portable en délire et, franchement, la "Santa Espina"...

 

 

15/09/2009

La play-list de l'USAP (1)

Ce mois-ici, septembre, le bouclier de Brennus est le thème retenu par Gérard Jacquet pour sa "chanson d'Aqui". Chaque mois, il compose un morceau relié à l'actualité du département. Cela fait donc une chanson de plus à ajouter à la "play-liste" consacrée à l'USAP. L'environnement musical du club catalan est riche et varié même si, finalement, aucun "hymne" ne s'est vraiment imposé.

"L'Estaca" aurait pu être celui-là. La chanson anti-franquiste de Luis Llach s'est imposée dans le club en 1998, l'année du grand tournant. L'idée était d'Alain Teixidor, l'entraîneur de l'époque. Enfant des contestataires années 70, il voyait dans ce "pieu" que l'on arrache tous ensemble un symbole du conservatisme du club qu'il fallait vaincre sur la route du professionnalisme.

La greffe entre la chanson et le public a pris lors d'un historique quart de finale joué à Gilbert-Brutus contre Castres. Depuis, le morceau est "l'hymne officiel" du club mais n'a pas réussi, cependant, à devenir le "Flowers of Scotland" de l'USAP en grande partie parce qu le public n'en connaît qu'assez mal les paroles. Très littéraires, elles sont difficiles à retenir et exigent une bonne maîtrise du catalan. Et puis, la tradition musicale en France n'est pas celle de la Grande-Bretagne ou de l'Italie.

Contemporain, littéraire, identitaire et poignant, l'Estaca partage beaucoup de points communs avec l'hymne écossais, folk song choisi délibérément par le capitaine David Sole. Un chant propre à vraiment filer des frissons à tout un stade. L'arrivée des écrans géants peut être une bonne façon d'enraciner son usage en passant les paroles sous forme de karaoké.

Les paroles de l'Estaca.