09/04/2011

Merci Montjuïc

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Il y a eu de très beaux moments à Montjuïc. Pas toujours pendant le match, une bérézina technique en première mi-temps et un combat homérique en seconde, mais par la force de ce qui s'est passé dans ce vieux stade vénérable, plus proche du monument que de l'enceinte sportive et qui s'est soudain mis à revivre l'espace d'un après-midi brûlant.

L'avant match, avec l'Estaca et une hallucinante entrée des équipes sur le terrain, les spasmes du virage devant lequel l'USAP lançait ses "rush" en deuxième période et, pour finir, ce tour d'honneur que joueurs et public ne se résoudaient pas à terminer, furent ces instants intenses.

C'est que la joie était d'autant plus intense que les 32.000 supporters catalans ont marché pendant 80 minutes au bord du gouffre. Sur le fil du rasoir qui séparait le succès total de l'énorme déception qu'aurait provoquée une victoire de Toulon. Car l'événement a été une réussite totale. Au point de prendre de court Barcelone. Une organisation sous-dimensionnée au stade, la circulation de la ville bloquée par l'arrivée massive des supporters et des hôteliers et commerçants aux anges... Fascinée par la puissance de Barcelone, c'est l'USAP qui a impressionné par sa capacité de mobilisation.

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08/04/2011

Arlequin comme l'époque

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"Volem viure i trabajar -poc- al païs". Cette amusante potacherie était, dans les années 70, l'une des plaisanteries favorites du jeune Paul Goze. En compagnie de quelques complices frais émoulus du lycée Arago et de l'équipe première de l'USAP, il raillait les cheveux longs et la mode retour à la terre depuis l'observatoire privilégié de la terrasse du café de la Loge.

A cette époque, lorsque l'USAP jouait "au nord", les joueurs se motivaient en parlant catalan dès qu'ils passaient le château de Salses alors qu'ils s'étaient entraînés toute la semaine en parlant français entre eux. L'Espagne était une frontière presque lointaine, perdue dans l'obscurité franquiste, d'où émergeaient des bus entiers d'hommes, faisant la fortune des cinémas perpignanais pour admirer le "Emmanuelle".

Pas loin de quarante ans plus tard, Paul Goze est l'homme qui a emmené l'USAP à Barcelone pour une énorme célébration catalano-usapiste sous le haut parrainage du  FC Barcelone qui est, comme chacun sait, "mes que un club" et selon l'écrivain Manuel Vasquez Montalban "l'armée symbolique d'un état sans nation". La cérémonie se déroulera au stade Lluís Companys, du nom de ce président historique de la Generalitat de Catalogne, fusillé à Montjuïc par les troupes de Franco. Les étandarts "sang et or" des 32.000 supporters nord-catalans y auront une force symbolique qu'il ne faudrait surtout pas négliger. Bien plus importante qu'on ne l'imagine à Perpignan.

C'est le grand paradoxe des identités : elles sont censées évoquer l'immuable, la passassion des valeurs communes mais elles ne se vivent pas de la même manière selon les époques et même les endroits.  Dans des contextes totalement différents, FC Barcelone et USAP ont joué le même rôle. Celui de conserver la mémoire d'une identité. Mais pour qu'ils se retrouvent Catalans du nord et du sud ont dû attendre d'avoir justement un contexte un commun.

A travers le sport-spectacle, la théâtralisation de la fête populaire et l'exposition médiatique, autant de façon de vivre dans cette Europe post-moderne dont Barcelone est la capitale, ils peuvent désormais trouver un terrain d'entente. Les symboles y ont leur importance, on l'a dit, mais aussi le business. L'USAP vient chercher des "relais de croissance" à Barcelone mais n'arrive pas les mains vides. 32.000 supporters d'un coup dans la capitale mondiale du tourisme urbain, ce n'est pas rien.

Voilà donc deux clubs "français" qui s'affrontent en "Espagne" pour une compétition qui porte le nom d'une marque de bière hollandaise gérée par une compagnie privée basée en Irlande. Le match sera retransmis dans une vingtaine de pays et même sur France Télévision. Et tout cela grâce à la Catalanité. Pas étonnant que le maillot arlequin soit de mise dans cette époque formidable.

21/08/2010

Brive n'est pas le Camp Nou

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Est-ce une impression ou l'USAP devrait être un poil plus déterminée début avril 2011, lorsqu'elle pourrait affronter Toulouse au Camp Nou de Barcelone que ce qu'elle était vendredi soir à Brive (défaite 26-11) , Il n'y aura pas beaucoup de rapports entre les deux événements et, sans vouloir se montrer moqueur, la perspective de se produire dans l'un des stades les plus mythiques du monde représentera autre chose que ce déplacement qui n'était pas du genre a enflammer les imaginations, à part celle des petits jeunes, visiblement surpris par la ddétermination d'un adversaire au pied du mur.

La grosse affaire, donc, c'est ce match au Camp Nou -contre Toulouse le 1er ou le 2 avril- qui pourrait être finalisé lors de la visite du nouveau président du Barça, Sandro Rosell le 1er septembre à Perpignan. Le coup serait énorme, le défi aussi puisqu'il faudra remplir le stade et, pour finir, on remarquera qu'en quatre saisons, Paul Goze aura réussi à engager le meilleur joueur du monde, à remporter un Bouclier attendu depuis 54 ans et donc à faire jouer l'USAP sur la pelouse du Barça. Soit les trois principaux fantasmes du club.

Ici l'article d'Avui-El Punt.