14/08/2010

Dans les règles de l'art

Il y a eu de la sueur, beaucoup de sueur, du sang, après la faute sur Privat qui a valu un carton rouge à Vilaceca, et des larmes au moment de la blessure de David Mélé, nouvel épisode de la malédiction de numéro 10. Et l'USAP a donc pris la revanche du finaliste en battant Clermont 21-13, le champion en titre repartant de Perpignan sans même le point de bonus.

Ils auraient pu, pourtant, espérer mieux une fois passée la première demi-heure le mieux du monde. Pourtant submergé par la domination et la détermination de l'USAP, le finaliste menait 7-6 grâce à un essai en contre de Nalaga et en raison du manque de réalisme catalan. En position idéale pour s'imposer à l'extérieur, donc, Clermont a pourtant manqué de ballons précieux en touche. Alvarez-Kairelis et Chouly ont signé une performance énorme sur les touches défensives, relayés au sol par l'activité surnaturelle de Tchalé-Watchou.

L'USAP a donc gagné dans les règles de l'art si particulier des grandes soirées à Aimé-Giral. Ardeur défensive, lucidité offensive (deux drops de Mélé) et énorme présence en conquête, le tout touillé dans le tourbillon d'une ambiance des grands soirs. Cette première victoire avait la beauté sauvage des gros combats à défaut de celle des grandes rencontres de rugby.

Le gros coup dur, c'est que les absences continuent de s'accumuler. Après Laharrague et Hume, Manny Edmonds (claquage à l'échauffement) et David Mélé (semble-t-il une entorse du genou, le ligament lattéral externe étant touché), l'ouvreur pour Brive devrait être Gilles Bosc pendant que l'on peut penser au la faute de Vilaceca, un rucking volontaire au visage de Privas à terre) lui vaudra une longue suspension.

11/08/2010

Think different

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Think different. D'accord, le rapport entre la firme Apple et l'USAP est loin d'être évident. Les tablettes, peut-être : l'I-pad et le Bouclier de Brennus. Mais le slogan semble bien s'adapter à la situation originale des Perpignanais dans le paysage du Top 14.

Le club, pourtant, avait été une des premiers à donner le ton, au début des années 2000, à une mondialisation de son effectif effectuée à grandes brassées (un tiers au moins de départs et d'arrivées chaque intersaison). Une façon de faire quasi banale maintenant et pratiquée au carré par les plus grands clubs lancés dans une frénétique course à l'armement.

Et pendant ce temps, c'est à dire depuis 3 ans, l'USAP se montre de plus en plus minimaliste dans son recrutement. Le club qui recrutait il y a trois ans le meilleur joueur du monde fait désormais rempiler pour trois mois un ancien joueur, il est vrai pas si vieux (Manny edmonds n'a que 33 ans).

Les supporters qui n'ont pas besoin de cela pour s'inquièter se posent donc quelques questions, l'intérêt médiatique s'amenuise et les entraîneurs de Top 14 interrogés par Midi-Olympique ne font pas de l'USAP un de leurs favoris. Le club, lui, assume, (Jacques Brunel dans l'Equipe) avec une belle confiance et un façon délibérer d'affirmer une façon de penser différente. Après tout, c'est sur le terrain que ça se passe et ça commence vendredi...
(Le photo ne représente pas Jean-Pierre Pérez)

21/05/2010

Durand-Parra : quel premier de la classe ?

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L'expression m'a été glissée par un collègue (genre secret de fin de repas) et probablement remonte-t-elle à une sagesse encore plus ancienne, transmise uniquement oralement.

Il y aurait donc, selon cet oracle, deux sortes de demi-de-mêlée, pas une de plus. Première, catégorie : les "premiers de la classe". Seconde catégorie, les "fout la merde" (passez moi l'expression). Fabien Galthié, par exemple, serait un "premier de la classe" pour son mélange de talent, d'application et d'intelligence tactique. Jacques Fouroux appartiendrait, lui, à l'autre catégorie dont il pourrait même être le prototype pour sa hargne, sa malice et sa façon qu'il avait de "faire grimper ses avants aux arbres" ce qui revenait souvent à "foutre la merde".

On vous laisse le plaisir de classer de cette façon les grands demi-de-mêlées de vos souvenirs (Ballaneda-Foussat par exemple) pour ne s'intéresser qu'aux deux protagonistes de la finale à venir à savoir Morgan Parra et Nicolas Durand.

Commençons par Morgan Parra : le jeune lorrain a gagné haut la main ses galons de "fout la merde" lors des deux matches de phases finales disputées par son équipe. A l'origine de la plus grosse polémique de la saison (le carton jaune reçu par le Racing en barrage), il s'est fait une spécialité de provoquer les adversaires. Contre Toulon, il a même joué pour lui-même des pénalités sifflées en faveur de l'adversaire, espérant on ne sait quelle embrouille.

Véritable leader de son équipe, certains estiment même qu'il a transfiguré Clermont. Il a en tout cas plongé Pierre Berbizier (que je classe personnellement parmi les premiers de la classe) dans une froide colère.

Le cas de Nicolas Durand est un peu plus complexe. Sa mèche de mauvais garçon, son regard malin, cette façon de jouer pour lui-même quelques très jolis (ou très mauvais) coups indiqueraient que l'on a affaire à un honorable représentant de la confrérie des enquiquineurs de première.

Mais le Durand qui réussit à l'USAP depuis deux ans brille pour d'autres raisons. ll a su discipliner ses énormes qualités, apprendre à gérer les temps forts et les temps faibles de son équipe, découvrir qu'en jouant pour les autres, il n'avait jamais été aussi bon. Bref, Nicolas Durand, c'est le petit malin du fond de la classe prêt du radiateur qui passe au premier rang.

16/05/2010

Deux ou trois petites choses à propos d'USAP-Clermont

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Outre cette photo très sympa de Philippe rouah, voici quelques considérations sur l'USAP et Clermont qui se retrouveront en finale du Top 14 le 29 mai prochain, comme la saison dernière.

 

- c'est la deuxième fois seulement dans l'histoire que les deux mêmes équipes disputent la finale deux années de suite. En 1938 et 1939, Biarritz et... Perpignan avaient déjà connu semblable expérience. Perpignan avait gagné la première 11-6, Biarritz la seconde 6-0.

- c'est la quatrième finale consécutive de Clermont. Les "Jaunards" ont perdu jusqu'ici contre Perpignan (22-13), Toulouse (26-20), le Stade Français (23-18).

- depuis 1994, c'est la septième finale de Clermont qui a perdu quatre fois contre Toulouse (1994, 1999, 2001, 2008), une fois contre le Stade Français (2007) et une fois contre Perpignan (2009). C'est la quatrième finale de l'USAP qui en a perdu deux (2004 et 1998).

- les deux derniers titres de l'USAP ont été conquis contre Clermont. Le challenge Yves Du-Manoir en 1994 et le bouclier de Brennus en 2009.

- l'USAP compte sept titres de champion de France, Clermont aucun.

- remporter deux titres consécutifs est un exploit très courant. Dans le passé le plus récent, il a été réussi par Biarritz (2005-2006), le Stade Français (2003-2004) ou encore Béziers, grand spécialiste du genre (1983-1984, 1980-1981, 1974-1975), 1972-1974). Sans compter les quatre victoires du Stade Toulousain entre 1994 et 1997.

- l'USAP a perdu presque autant de finales de championnat que Clermont : 8 contre 10 pour les Auvergnats.

- l'USAP est invaincue depuis trois matches au Stade de France (victoire en finale, un nul et une victoire contre le Stade Français). Clermont y a perdu ses quatre dernières finales et sa dernière confrontation avec le Stade Français. Les Clermontois ont gagné à Saint-Denis en 2009 (21-19).

Voilà...

15/05/2010

Une petite idée de pélerinage

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L'adorable petite chapelle en photo est notre idée de pélerinage pour la semaine. Dédiée à Saint-Jérôme (Porical, bien sûr) elle se situe du côté d'Argelès-sur-mer dans un style dit préroman et en tout cas typique du département.

On pourrait suggérer aux supporters de l'USAP de s'y rendre désormais chaque 15 mai en ce jour où le pied de Jérôme Porical a terrassé le dragon toulousain. Si rien n'indique dans l'hagiographie de Saint-Jérôme qu'il ait jamais marché sur l'eau, le petit Porical a incontestablement connu cette grâce au Stade de la Mosson vendredi soir.

Il a inscrit 21 points dont plus de la moitié (12) sur quatre pénalités au delà des 50 mètres. La plus remarquable : celle par laquelle l'USAP est "passé devant" menant 14 à 13 sur un coup de pied phénoménal de 57 mètres rebondissant sur la barre avant de passer du bon côté comme sur le coup d'une intervention divine.

Comme Saint-Jérôme, représenté par les plus grands peintres de Léonard de Vinci au Gréco en passant par le Caravage ou Dürer, "Popo" n'est pas l'homme d'un seul chef d'oeuvre : il avait déjà signé une pièce de maître lors de la finale 2009.

24/04/2010

Aimé-Giral en technicolor

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L'USAP fait vraiment bien les choses. Pour un match dont le résultat était connu d'avance, il y a eu...

- plein de couleurs, de bruits, de joie...

- les nouveaux maillots avec quatre bandes blanches sur les épaules et le drapeau catalan en bandeau sur des chaussettes bleu azur.

- les adieux des "partants". Christophe Manas et Nicolas Durand sortis seuls des vestiaires avant d'être remplacés pour recevoir leur ovation, debout d'Aimé-Giral qui a également salué Vaki et Naulu. L'USAP a même fini à 14 pour pouvoir faire sortir Manas, M. Bonhour (l'arbitre qui jouait aussi son dernier match de Top 14 mais est resté jusqu'au bout) refusant l'entrée de Tincu.

- le belle sportivité du public catalan acclamant l'équipe qui jouait aussi son dernier match de Top 14, la "Bronca" accueillant même les Pom-Pom Girl albigeoise ce qui, c'est vrai, peut parfaitement se comprendre.

- le "salto avant" de Phil Burger sur le dernier essai perpignanais. Il a même pensé à aplatir.

- la première place du Top 14 pour la deuxième année consécutive.

- une demi-finale à Montpellier.

- la perspective d'un nouveau titre.

(Les barrages opposeront Toulouse et Castres d'un côté, Clermont et le Racing de l'autre. L'USAP est directement qualifiée pour les demi-finales en compagnie de Toulon).

23/04/2010

Ma photo avec le bouclier

8326_1056430470147_1807436609_121831_4292149_s.jpgSamedi 23 avril, USAP-Albi est le dernier match où il sera encore possible de se faire photographier avec le Bouclier de Brennus. Si, par extraordinaire, vous n'avez pas encore votre photo avec le Bouclier, Albi est le saloon de la dernière chance. Après le match, Brennus fera encore une ou deux balades dans le département et repartira sur Paris avant les phases finales.

Ma photo avec le Bouclier.... Avec un titre comme celui-là, forcément, je suis obligé de publier la mienne, de photo du jour où j'ai croisé le "bout de bois". Moi, c'était par hasard, dans une soirée un peu chabada (et merci à Fred Venarrecchi pour la photo). Genre un vieux pote qu'on reconnaît dans la foule. Comme beaucoup, j'en ai carressé le bois, histoire de vérifier si y'avait des ondes.

On imagine des fantômes du passé, des effluves de troisième mi-temps, des bulles de champagne échappées du vestiaires, des levés de soleil sur les visages des fêtards à Paris au mois de juin, un pied de cochon mangé ...

On imagine aussi une interminable tournée des villages, des bars, des particuliers. Il se dit qu'un jeune marié l'a pris comme témoin, qu'une partie a sombré au large de Saint-Marie, qu'on y a servi du thé à la menthe sur le rond doré, reconverti en plateau. Combien de dizaine de milliers de personnes ont leur photo avec le Brennus ? Impossible à dire. Il est partout : dans le moindre commerce, plusieurs fois par jours dans l'Indépendant, au dessus des cheminées, sur les profils facebook.

Dernière chance pour ceux qui n'ont pas leur photo avec le Bouclier.

04/04/2010

L'USAP au pays des merveilles

 

Clermont battu, Toulouse laborieux et Toulon dangereux. Mais l'USAP qui gagne, gagne, gagne... Victorieux en patron à Castres (17-11) l'USAP est quasiment assurée de se qualifier directement pour les demi-finales. Restent un déplacement à Toulon et une victoire à cinq points promise contre Albi.

Surtout, les Catalans ont montré une fois de plus qu'ils ne sont jamais meilleurs que contre les meilleurs. Comme Alice, l'USAP n'est jamais aussi à l'aise qu'au pays des merveilles.

02/04/2010

De l'autre côté du miroir

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En cette période où le film de Tim Burton "Alice au pays des merveilles" est sur les écrans, les joueurs et entraîneurs de l'USAP l'affirment tous dans un bel ensemble : "Castres nous ressemble" ou "on a l'impression de se regarder dans un miroir". Même culture du combat, mêmes racines rurales, mêmes ailiers de petite taille, même façon de construire un rugby classique et de bon goût, construit sur les bases (conquête-défense) et pas du tout "manchot" pour donner plus d'alternance au jeu.

Déjà, dans les années 90, le même phéonmène de mimétisme avait été noté à propos des duels entre le CO (celui de Rui, Pagès et Whetton) et l'USAP (de Macabiau, Majoral et Britz) dans un registre un peu plus "rustique".

Contre Castres, l'USAP fera donc comme Alice, elle passera de l'autre côté du miroir. Objectif : arrêter le temps comme le Lièvre de mars en restant en tête du classement, faire perdre la tête à son adversaire comme le Chapelier fou et se méfier des coups de la reine de coeur méconnaissable dans la peau de Romain Teulet.

 

27/03/2010

Encore une histoire de fesses

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Tout ça n'est qu'une histoire de fesses. Si David Mélé ne s'était pas accroché au short de Gasnier, comme un naufragé du Titanic attrape un débris flottant sur l'eau, l'histoire aurait pu être complètement différente. Le Stade Français aurait ouvert logiquement la marque après neuf minutes un peu timorées des Catalans. Aimé-Giral, déjà vaguement inquiet, serait carrément devenu supertitieux, convaincu que la malédiction de la grande pyramide n'est rien à côté de celle qui s'acharne sur ceux qui osent porter le maillot du numéro 10. L'espoir aurait changé de camp, le doute aurait commencé son affreux travail de démolition lente.

Au lieu de ça, les spectateurs catalans, de grand inquiets qui ne demandaient pourtant qu'à être effrayés, n'ont vu qu'une paire de fesses. Comme si une séance photo pour le calendrier avait été improvisée sur la pelouse. Entre exploit défensif et image incongrue, les supporters n'ont retenu que le comique de la situation, trop contents d'échapper aux démons qui peuplaient déjà leurs cauchemars pour n'apercevoir qu'un coin des "Dieux du Stade".

Cette histoire a donc détendu tout le monde. L'idée simple que la meilleure façon de gagner est de jouer a envahi l'air printanier ; David Marty et Maxime Mermoz ont décidé de s'amuser. L'USAP a donc battu le Stade Français 44-23 dans une cavalcade de rugby offensif, avec une joyeuse légèreté dans la prise de risque. Mais peut-être que tout s'est joué dans ce drôle de moment où un type les fesses à l'air tentait de continuer d'avancer pendant qu'un autre s'accrochait à ses fondements raclant la pelouse.