22/08/2009

Carter déjà décisif

Blessé à la dernière seconde du match Stade Français-USAP au début de l'année au Stade de France, Dan Carter est revenu au tout premier plan sur la pelouse du stade Olympique de Sydney (19-18). L'ancien ouvreur perpignan a été décisif plusieurs fois : c'est lui qui est à l'origine de la pénalité de la victoire grâce à son jeu au pied de déplacement, il la transforme et réussit un plaquage salvateur dans les dernières secondes.

On a retrouvé l'exceptionnel jeu de "fond de cour" du meneur kiwi, pressant par son jeu au pied et son replacement l'équipe advere, son habilité gestuelle et ses qualités de défenseur. Gros retour.

Mélé-Hume, deuxième

Pour la deuxième fois consécutive, Jacques Brunel a décidé d'aligner Gavin Hume et David Mélé à la charnière. L'association des deux hommes avait bien fonctionné contre Bayonne. Si Mélé devra forcément compter, cette saison, avec la concurrence de Nicolas Durand, l'ouvreur sud-aficain, titulaire en finale, s'affirme dans la continuité. Brunel, lui, se dit convaincu.

21/08/2009

Le gilet jaune de Dan Carter

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Dan Carter sur le podium, devant le Castillet, le 7 juin au soir. Le titre vu par les photographes de l'Indépendant. A partir du 29 août, galerie Doisneau, à Perpignan.

 

Difficile d'ouvrir un blog sur l'actualité de l'USAP sans revenir sur le Brennus rapporté le 6 juin dernier du Stade de France. Le retour de Dan Carter chez les All Blacks est l'occasion parfaite de faire le lien entre la saison dernière et celle qui vient juste de commencer. Nous avions aperçu l'ouvreur aux 700 000 euros et aux cinq matches pour la dernière fois à Perpignan bizarrement attifé. Probablement parce qu'ils espéraient voir le timide Dan se lancer dans un haka façon Kelleher la saisond d'avant à Toulouse (ce qu'il n'a évidemment pas fait) ses coéquipiers avaient arraché son tee-shirt sur le podium dressé au pied du Castillet. Il avait donc fêté le titre pendant quelques journées bien remplies avec ce qu'il avait trouvé, sommairement vêtu du gilet jaune que chaque automobiliste se doit de posséder dans sa boîte à gants. Il avait pris à peine de temps de se changer avant de s'engouffrer, à Barcelone, dans l'avion direction Auckland, les yeux rieurs à demi fermés, pas rasé pour la première fois de son séjour catalan. Le revoilà donc vêtu de la noire et plus légendaire tunique de l'équipe la plus mythique de ce sport.

Du gilet jaune à la cape noire des Blacks, cette histoire de maillots me rappelle la phrase d'un entraîneur de l'USAP, Alain Teixidor : "Il ne faut jamais oublier que, dans le maillot, il y a un homme". Il parlait, bien sûr, de celui de l'USAP, lequel pèserait lourd sur les épaules des joueurs qui le porte. C'est souvent agréable mais aussi exigeant et quelquefois étouffant de jouer dans un club et dans un stade qui charrient une telle passion. Toute les équipes du club ont cherché un équilibre entre les "valeurs" traditionnelles et l'excellence. D'un côté le goût du combat, la priorité donnée au groupe, la pression du public. De l'autre, la performance individuelle, la prise de risque et la confiance qui font, au final, la différence.

L'équipe de Brunel a même failli se casser les dents sur le problème. La fameuse phrase de Paul Goze sur les qualités traditionnelles "non négociables" de l'USAP pendant le stage de Matemale lors de la saison 2007-2008 était lourde de menace. Le groupe, renforcé par Christophe Porcu, s'est donc relancé à l'ancienne en gagnant à Jean-Bouin. Un peu plus d'un an plus tard, l'USAP battait à nouveau le club parisien -son tortionnaire des 10 dernières années- complètement différemment en inscrivant trois essais de trois-quarts.

Entretemps, Dan Carter était passé par Perpignan et son passage, de l'avis général, a pesé très lourd. L'énorme paradoxe, c'est que le recrutement du meilleur joueur du monde a été une réussite alors qu'il n'a joué que cinq rencontres. Mais le numéro 10 des Blacks a su transmettre son appétit de victoire, son énorme confiance en lui, sa capacité d'initiative. Peut-être parce qu'il s'est laisser séduire par l'USAP, son environnement, son côté un peu dingue avec simplicité et enthousiasme. Le maillot semblait si léger sur ses épaules qu'il l'est resté même après sa blessure. Son transfert a été une des plus extravagantes aventures du sport pro : comment réussir sans jouer.

Jacques Brunel, après le titre, a expliqué dans de nombreuses interviews que cette victoire était d'abord une histoires d'hommes. Porcu et Carter ne jouaient pas mais ils étaient là. Bozzi n'était que remplaçant mais c'est lui que l'entraîneur portait en triomphe. Une histoire d'hommes. Pas de maillot, donc. Un gilet de voiture suffisait largement.