10/07/2010

Le poids du maillot

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C'est à la mode alors parlons foot. La qualification de l'équipe d'Espagne en finale de la Coupe du Monde est une affaire essentiellement catalane. Le but de la demi-finale a été marqué par Puyol, treize joueurs du Barça figurent dans l'effectif et influencent totalement le style de jeu. Les joueurs du Real sont loin d'être les meilleurs et semblent se contenter d'apporter une note de folklore macho à la "Roja".

En attendant le jour où l'USAP influencera pareillement le XV de France (dans l'équipe puisque pour le staff, c'est déjà fait), intéressons-nous à la gêne que cela suscite chez nos voisins du sud. Le Barça, qui aime se présenter comme le vaisseau amiral de la "catalanité" est ici un peu piégé et toute la Catalogne avec. Voilà qu'elle fournit à "l'Etat" (entendez par là l'Espagne quand on n'a pas envie d'en prononcer le nom) les moyens d'une victoire historique, d'une fête nationale et d'une profusion de drapeaux espagnols. La situation est ironique alors même que le débat sur le "statut" autonome agite la Catalogne, une grande manifestation étant prévue à Barelone la veille de la finale.

Tout cela pour dire quoi ? Que le petit jeu intellectuel visant à affubler le sport de tout un tas de symboles, c'est bien amusant à condition de ne pas oublier un petit détail. Ce qui fait une performance, c'est la valeur des athlètes qui composent l'équipe à un moment donné, la qualité humaine des relations au sein d'un groupe et la pertinence de la stratégie mise en place pour gagner. L'USAP, après avoir prétendu pendant des années être au complet "quand elle est composée de 15 catalans" est devenue championne de France comme par hasard, l'année où elle a le mieux joué au rugby.

Et l'aventure de l'équipe d'Espagne appartient d'abord aux joueurs qui la composent, à une génération qui, depuis des années et les sélections de jeunes, a appris à gagner ensemble. Quand Pujol fêtait sa victoire, c'était en pensant à ça, sans s'amuser à compter les nombres de barres jaunes ou rouges sur le drapeau.

Commentaires

hum, hum, c'est PuYol, Pierre avé un i-grec...

Écrit par : side3366 | 10/07/2010

Plutôt qu'un piège, n'est-ce pas là pour les Catalans de la Roja l'occasion de porter la Catalogne (et le Barça avec) sur la scène mondiale ? De lui offrir un vitrine sportive comme elle n'en a plus eu depuis les Jeux de 1992 ? Puyol, Xavi, Fabregas ou Piqué n'ont jamais refusé une sélection mais ne se sentent pas moins catalans pour autant. Pro indépendantiste, Oleguer refusait lui de jouer pour l'Espagne. Tout le monde l'a oublié, lui et son message...

Écrit par : Josep66 | 11/07/2010

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