05/01/2010

Berbizier l'homme de 95

Quel rapport entre le match USAP-Racing de vendredi soir et la sortie, le mercredi suivant, du film Invictus de Clint Eastwood ? Pierre Berbizier, bien sûr. L'actuel manager du Racing était, pendant la Coupe du Monde de 1995 en Afrique du Sud pendant laquelle se déroule le film d'Eastwood, l'entraîneur du XV de France.

Battu pour quelques millimètres (le fameux essai refusé à Bénazzi à la dernière minute de la demi-finale) par les Springboks et sous le déluge de Durban, l'entraîneur français avait eu une réaction d'une grande classe, le lendemain de la rencontre.

Sous le lumineux soleil d'hiver de Pretoria, où le XV de France avait son hôtel, l'entraîneur français avait commencé sa conférence de presse en relativisant la défaite. Constatant, comme tout le monde, l'énorme importance que prenait l'épopée des Springboks pour la nation sud-africaine, la façon dont Nelson Mandela se servait de l'événement pour valider sa politique de réconciliation (sujet du film), il avait estimé que son échec sportif (relatif d'ailleurs) pesait finalement de peu d'importance face à l'événement historique qui se déroulait et les défis énormes qui se posaient à l'Afrique-du-Sud.

Voilà. Un petit rappel à propos de Pierre Berbizier, personnage souvent irritant par sa façon de se recroqueviller sans jamais se livrer et qui, se jour-là, avait eu la classe de prendre une distance énorme et inhabituelle par rapport à son sport en mesurant la portée de l'événement.

Bon match et bon film...

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