18/09/2009

La play-list de l'USAP (3)

 

Le plus récent des "tubes" usapistes est d'une importance énorme dans l'histoire du club. La "Mano de Dios" a été importée par le pilier argentin Sebastian Bozzi lors de la saison 2008-2009, celle du titre. Imposée serait même le mot exact. La vidéo du film d'Emir Kusturica consacré à Diego Maradona, et dans laquelle le prodige du football chante en personne (et à la première personne) la "Mano de Dios", a tourné en boucle dans le bus pendant les déplacements. Elle est alors devenue la chanson fétiche de l'équipe et a été diffusée dans les hauts-parleurs du Stade de France

Cette chanson du chanteur Rodrigo El Potro (le "Colt"), mort dans un accident de voiture à l'âge de 27 ans, est un hommage au footballeur argentin et à son fameux but de la main contre l'Angleterre lors du Mundial 86 de football au Mexique.

Avec la "Mano de Dios", l'USAP prend une coloration à la fois latino et sudiste qui lui va plutôt bien. Quelque part entre Barcelone, première ville latino-américaine d'Europe et Naples, au bord de la Méditerranée, où Maradona avait été l'homme de la "revanche du sud" lors des titres conquis par le Napoli des années 80.

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Sans atteindre le paroxysme de l'opposition nord-sud à l'Italienne (à une banderole, "Bienvenue en Italie", les supporters du Napoli avaient répondu à ceux de Vérone, "Juliette est une salope"), la rivalité entre l'USAP et le Stade Français, sur les 15 dernières années, la volonté de reconnaissance de l'équipe catalane dans l'hexagone rugbystique en font l'équipe la plus "sudiste" du rugby français. "Perpignan, c'est un peu l'hémisphère sud de l'hémisphère nord", avait résumé, avec son humour qui lui est propre, Olivier Saïsset.

Né et exilé à Paris, le chanteur Balbino Medellin cultive d'ailleurs lui-aussi cette identité latino. Sa chanson Perpignan est régulièrement diffusée à Aimé-Giral où il fût un très bel interprète de l'Estaca qu'il a tenté de faire reprendre, avec un certain succès, au public. Ce qui nous rappelle l'oubli injuste de Cali dans cette play-list, un chanteur dont le soutien au club ne souffre aucune discussion. Au Stade de France, il avait chanté, "C'est quand le bonheur", titre repris de façon un peu facharde, au lendemain d'une finale perdue en 2004 à Paris par l'Indépendant, illustré d'une photo de supporter en pleurs. C'était quand le bonheur en 2004 ? Cinq ans plus tard...

 

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